{"id":492,"date":"2025-12-29T14:35:31","date_gmt":"2025-12-29T13:35:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/?p=492"},"modified":"2025-12-29T14:35:31","modified_gmt":"2025-12-29T13:35:31","slug":"veille-communication-du-dossier-medical","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/2025\/12\/29\/veille-communication-du-dossier-medical\/","title":{"rendered":"[Veille] Communication du dossier m\u00e9dical"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><a href=\"https:\/\/www.courdecassation.fr\/decision\/6944f6a275782d5f06ac358b\">Cour d&rsquo;appel de Versailles, Chambre civile 1-5, Arr\u00eat du 18 d\u00e9cembre 2025, RG n\u00ba 25\/01355<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le dossier m\u00e9dical, s&rsquo;il n&rsquo;est d\u00e9fini explicitement par aucun texte normatif, se traduit en pratique par la formalisation et la d\u00e9tention, par un professionnel, \u00e9tablissement ou organisme de sant\u00e9, de l&rsquo;ensemble des informations relatives au patient et \u00e0 sa sant\u00e9. Depuis la loi Kouchner du 4 mars 2002, de nombreuses dispositions l\u00e9gales et r\u00e9glementaires du Code de la sant\u00e9 publique encadrent la constitution, la d\u00e9tention et la communication du dossier m\u00e9dical et ce, dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des patients et de leurs ayants-droits. <\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 vient parfois se heurter \u00e0 ces r\u00e8gles, entra\u00eenant des difficult\u00e9s soit pour le patient, soit pour ses ayants-droits, soit pour le professionnel ou l&rsquo;\u00e9tablissement de sant\u00e9 qui l&rsquo;a pris en charge. Dans ce genre de situation, c&rsquo;est au juriste ou au juge de se prononcer.<br><br>Une d\u00e9cision de la Cour d&rsquo;appel de Versailles permet ici d&rsquo;illustrer le propos. <br><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Les faits<\/h5>\n\n\n\n<p>Une patiente, suivie pendant plus de vingt ans (1992\u20132014) par un chirurgien-dentiste lib\u00e9ral, estime que les soins qu&rsquo;elle a re\u00e7us sont inadapt\u00e9s et \u00e0 l\u2019origine de l\u00e9sions. Elle engage une d\u00e9marche pr\u00e9contentieuse en 2023 en sollicitant la communication de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de son dossier m\u00e9dical, incluant notamment les radiographies anciennes.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le chirurgien-dentiste incrimin\u00e9 r\u00e9torque avoir c\u00e9d\u00e9 son cabinet \u00e0 un confr\u00e8re, \u00e0 qui il avait transmis l&rsquo;ensemble des dossiers m\u00e9dicaux de ses patients. <\/p>\n\n\n\n<p>En l\u2019absence de transmission des documents demand\u00e9s, la patiente a assign\u00e9 en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 le praticien, son assureur (AXA France IARD) et la CPAM afin d\u2019obtenir :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une injonction sous astreinte de communication de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dossier m\u00e9dical ;<\/li>\n\n\n\n<li>La d\u00e9signation d\u2019un expert chirurgien-dentiste (l&rsquo;expertise judiciaire permettant d&rsquo;\u00e9tablir la r\u00e9alit\u00e9 des faits reproch\u00e9s, d&rsquo;\u00e9valuer les l\u00e9sions et le lien de causalit\u00e9 entre une \u00e9ventuelle faute commise par le chirurgien-dentiste et les l\u00e9sions constat\u00e9es).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Par ordonnance du 7 janvier 2025, le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s du tribunal judiciaire de Nanterre a ordonn\u00e9 la communication du dossier sous astreinte de 50 \u20ac par jour. Le praticien et son assureur ont interjet\u00e9 appel, <strong>uniquement sur le volet relatif \u00e0 l\u2019injonction de communication sous astreinte<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La question qui se pose ici est de savoir si un chirurgien-dentiste lib\u00e9ral peut \u00eatre contraint, sous astreinte, de communiquer un dossier m\u00e9dical qu\u2019il d\u00e9clare ne plus d\u00e9tenir, en l\u2019absence de texte l\u00e9gal fixant un d\u00e9lai de conservation applicable \u00e0 son statut de professionnel de sant\u00e9 lib\u00e9ral.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">La d\u00e9cision<\/h5>\n\n\n\n<p>La cour d\u2019appel de Versailles infirme l\u2019ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 en ce qu\u2019elle avait enjoint au chirurgien-dentiste de communiquer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dossier m\u00e9dical de sa patiente sous astreinte. <\/p>\n\n\n\n<p>Elle rappelle que les mesures ordonn\u00e9es sur le fondement de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000006410268\">article 145 du code de proc\u00e9dure civile<\/a> supposent que la partie vis\u00e9e d\u00e9tienne effectivement les documents dont la production est demand\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En l\u2019esp\u00e8ce, le praticien d\u00e9clarait ne plus \u00eatre en possession du dossier m\u00e9dical, celui-ci ayant \u00e9t\u00e9 transmis lors de la cession de son cabinet plusieurs ann\u00e9es auparavant. La cour souligne qu\u2019une partie ne peut \u00eatre contrainte de produire une pi\u00e8ce qu\u2019elle affirme, par aveu judiciaire, ne pas d\u00e9tenir, une telle injonction \u00e9tant alors juridiquement inop\u00e9rante.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9galement, la cour ajoute qu\u2019aucune source normative n\u2019impose au chirurgien-dentiste exer\u00e7ant sous statut lib\u00e9ral une obligation l\u00e9gale de conservation du dossier m\u00e9dical sur la dur\u00e9e invoqu\u00e9e par la patiente (\u00e0 savoir, 10 ans \u00e0 compter de la date de consolidation du dommage, dur\u00e9e de prescription en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 m\u00e9dicale). Par extension donc, la cour se prononce implicitement sur l&rsquo;absence de caract\u00e8re juridiquement contraignant des recommandations ordinales en mati\u00e8re de dur\u00e9e de conservation (20 ans, lire ci-apr\u00e8s la fiche de l&rsquo;Ordre des chirurgiens-dentistes relatives au dossier m\u00e9dical).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, la demande de communication forc\u00e9e du dossier m\u00e9dical appara\u00eet d\u00e9pourvue de fondement et d\u2019opportunit\u00e9. La patiente est d\u00e9bout\u00e9e de sa demande, condamn\u00e9e aux d\u00e9pens d\u2019appel et au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 au titre des frais irr\u00e9p\u00e9tibles, tandis que l\u2019ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 est infirm\u00e9e sur ce point.<\/p>\n\n\n\n<p>Le contentieux en responsabilit\u00e9 pourra se poursuivre, mais uniquement sur le volet \u00ab\u00a0expertise m\u00e9dicale\u00a0\u00bb. En l&rsquo;absence de dossier, la t\u00e2che de l&rsquo;expert risque d&rsquo;\u00eatre compliqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Pour aller plus loin<\/em><\/strong><\/h5>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr\/espace-documentaire\/?dlm_download_category=3-chirurgien-dentiste-et-cabinet\">Espace documentaire de l&rsquo;Ordre des chirurgiens-dentistes : fiche \u00ab\u00a0Le Dossier M\u00e9dical\u00a0\u00bb (octobre 2020)<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dossier m\u00e9dical constitue un \u00e9l\u00e9ment central de la relation de soins, tant pour le patient que pour le professionnel de sant\u00e9. S\u2019il fait l\u2019objet d\u2019un encadrement r\u00e9glementaire exhaustif, certaines situations pratiques r\u00e9v\u00e8lent encore des zones d\u2019incertitude, notamment en mati\u00e8re de conservation et de communication des dossiers en exercice lib\u00e9ral. Une d\u00e9cision r\u00e9cente de la cour d\u2019appel de Versailles apporte un \u00e9clairage int\u00e9ressant sur les limites des injonctions de communication sous astreinte lorsque le praticien ne d\u00e9tient plus le dossier m\u00e9dical.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[35,89],"class_list":["post-492","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-veille-juridique","tag-decision-de-justice","tag-dossier-medical"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=492"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":493,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492\/revisions\/493"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=492"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=492"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=492"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}