{"id":439,"date":"2025-05-22T15:35:45","date_gmt":"2025-05-22T13:35:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/?p=439"},"modified":"2025-05-22T15:35:45","modified_gmt":"2025-05-22T13:35:45","slug":"veille-chips-caillou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/2025\/05\/22\/veille-chips-caillou\/","title":{"rendered":"[Veille] Chips &amp; caillou"},"content":{"rendered":"\n<p>Une personne sollicite une expertise judiciaire et une provision apr\u00e8s avoir, selon lui, fractur\u00e9 une dent en croquant un caillou contenu dans un paquet de chips. Le juge rejette sa demande : l\u2019origine du dommage n\u2019est ni certaine, ni prouv\u00e9e, ni m\u00eame cliniquement \u00e9tablie.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><a href=\"https:\/\/www.courdecassation.fr\/decision\/6765e7a61ba1f209137d0186\">Tribunal judiciaire, Chambre des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, Mulhouse, Jugement du 17 d\u00e9cembre 2024, R\u00e9pertoire g\u00e9n\u00e9ral n\u00ba 24\/00220<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Les faits<\/h5>\n\n\n\n<p>M. X d\u00e9clare avoir cass\u00e9 une deuxi\u00e8me pr\u00e9molaire maxillaire gauche (n\u00b025) en septembre 2023, apr\u00e8s avoir croqu\u00e9 un caillou pr\u00e9sent dans un paquet de chips de la marque Doritos. Il assigne la soci\u00e9t\u00e9 PEPSICO FRANCE, propri\u00e9taire de la marque de chips, et l&rsquo;assureur de cette derni\u00e8re, afin de r\u00e9clamer une expertise judiciaire et une provision de 2000 \u20ac. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019appui de sa demande, il produit plusieurs \u00e9l\u00e9ments : un certificat m\u00e9dical initial r\u00e9dig\u00e9 onze jours apr\u00e8s les faits, un devis dentaire s\u2019\u00e9levant \u00e0 5 084 euros, des \u00e9changes avec une repr\u00e9sentante du service consommateurs de PEPSICO, ainsi que des t\u00e9moignages de membres de sa famille ayant, selon lui, assist\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9fense conteste fermement l\u2019imputabilit\u00e9 des dommages. Elle souligne notamment l\u2019anciennet\u00e9 et la gravit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat bucco-dentaire du demandeur, d\u00e9j\u00e0 atteint d\u2019une carie p\u00e9n\u00e9trante sur la dent concern\u00e9e. Elle rappelle \u00e9galement que les experts consult\u00e9s par l\u2019assureur ont \u00e9cart\u00e9 tout lien de causalit\u00e9 direct et certain entre l\u2019ingestion all\u00e9gu\u00e9e et les l\u00e9sions dentaires observ\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">La d\u00e9cision<\/h5>\n\n\n\n<p>Le juge retient plusieurs \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants pour motiver le rejet de la demande. D\u2019abord, le certificat m\u00e9dical est post\u00e9rieur de plus de dix jours \u00e0 l\u2019accident suppos\u00e9, et son auteur ne se prononce pas sur l\u2019origine du dommage. Ensuite, les expertises m\u00e9dicales produites r\u00e9v\u00e8lent un \u00e9tat ant\u00e9rieur tr\u00e8s alt\u00e9r\u00e9, incompatible avec l\u2019existence d\u2019un traumatisme r\u00e9cent. Enfin, les t\u00e9moignages familiaux sont consid\u00e9r\u00e9s comme insuffisants \u00e0 \u00e9tablir un lien probant entre les faits et les cons\u00e9quences invoqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Constatant l\u2019absence d\u2019imputabilit\u00e9 s\u00e9rieuse et de preuve tangible, le juge conclut que M. X ne justifie pas d\u2019un int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime \u00e0 voir d\u00e9signer un expert judiciaire, et rejette l\u2019ensemble de ses demandes, y compris la provision sollicit\u00e9e : \u00ab\u00a0<em>M. X ne justifiant pas d\u2019un int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime \u00e0 voir d\u00e9signer un expert judiciaire, ses demandes d\u2019expertise et de provision seront rejet\u00e9es<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Discussion<\/h5>\n\n\n\n<p>\u00c9l\u00e9ment int\u00e9ressant de ce contentieux, le juge pr\u00e9cise, pour \u00e9carter les pr\u00e9tentions du plaignant au titre de l&rsquo;absence d&rsquo;imputabilit\u00e9, que le chirurgien-dentiste qui a r\u00e9dig\u00e9 le certificat m\u00e9dical initial \u00ab\u00a0ne se prononce pas sur le possible lien de causalit\u00e9 entre l\u2019accident \u00e9voqu\u00e9 par M. X et les soins dentaires qu\u2019il pr\u00e9conise\u00a0\u00bb. Une telle affirmation conduit ici \u00e0 s&rsquo;interroger sur la posture du chirurgien-dentiste en mati\u00e8re de r\u00e9daction d&rsquo;\u00e9crits professionnels, notamment de certificats. <\/p>\n\n\n\n<p>Or, il doit \u00eatre rappel\u00e9 que le fait, de la part du chirurgien-dentiste, de ne pas faire mention de la cause du traumatisme<strong> n&rsquo;est pas en soi r\u00e9pr\u00e9hensible puisque la prudence est de mise en mati\u00e8re de r\u00e9daction de certificat professionnel<\/strong>. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;Ordre des chirurgiens-dentiste pr\u00e9conise, dans un document de r\u00e9f\u00e9rence disponible sur l&rsquo;espace documentaire de son site internet, de rester \u00ab\u00a0descriptif et factuel\u00a0\u00bb et de ne surtout pas <strong>certifier l&rsquo;origine du pr\u00e9judice<\/strong> :  \u00ab\u00a0<em>si ce certificat n\u2019\u00e9tait pas simplement factuel ou descriptif, le chirurgien-dentiste pourrait voir ses responsabilit\u00e9s civile, p\u00e9nale et disciplinaire engag\u00e9es. En effet, \u00e0 moins d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 directement t\u00e9moin des faits, le praticien ne peut en aucun cas certifier l\u2019origine du pr\u00e9judice. Ce dernier peut avoir des causes diverses [&#8230;]<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p>Source : <a href=\"https:\/\/www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr\/download\/52706\/?tmstv=1747916107\">ONCD. Le certificat m\u00e9dical initial &#8211; rep\u00e8res fondamentaux concernant l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un certificat m\u00e9dical initial. Juin 2019<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une personne sollicite une expertise judiciaire et une provision apr\u00e8s avoir, selon lui, fractur\u00e9 une dent en croquant un caillou contenu dans un paquet de chips. 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