{"id":245,"date":"2023-12-26T19:33:05","date_gmt":"2023-12-26T18:33:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/?p=245"},"modified":"2023-12-29T09:40:23","modified_gmt":"2023-12-29T08:40:23","slug":"veille-dommage-corporel-resultant-dune-osteotomie-bimaxillaire-pas-de-defaut-dinformation-retenu-mais-des-fautes-techniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/2023\/12\/26\/veille-dommage-corporel-resultant-dune-osteotomie-bimaxillaire-pas-de-defaut-dinformation-retenu-mais-des-fautes-techniques\/","title":{"rendered":"[Veille] Dommage corporel suite \u00e0 une ost\u00e9otomie bimaxillaire \u00e0 vis\u00e9e proth\u00e9tique"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tribunal administratif, Lyon, Jugement n\u00ba 2305701 du 19 d\u00e9cembre 2023<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans un jugement du 19 d\u00e9cembre 2023, le juge administratif se prononce sur les cons\u00e9quences dommageables d&rsquo;une ost\u00e9otomie bimaxillaire \u00e0 vis\u00e9e proth\u00e9tique. S&rsquo;il \u00e9carte tout d\u00e9faut d&rsquo;information de la part de l&rsquo;h\u00f4pital concern\u00e9, le juge retient des fautes techniques dans l&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;intervention, de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tablissement public de sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 9 mai 2019, une patiente b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une ost\u00e9otomie bimaxillaire avec g\u00e9nioplastie \u00e0 vis\u00e9e proth\u00e9tique, une intervention de chirurgie maxillo-faciale, au sein du centre hospitalier universitaire de Saint-\u00c9tienne. Des complications surviennent \u00e0 l&rsquo;issue de cette intervention, ce qui conduit la patiente \u00e0 rechercher la responsabilit\u00e9 du centre hospitalier devant le juge administratif.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la patiente invoque un d\u00e9faut d&rsquo;information \u00e0 l&rsquo;origine de ses pr\u00e9judices (article L. 1111-2 du Code de la sant\u00e9 publique),  le juge \u00e9carte ce motif : \u00ab\u00a0<em>Il r\u00e9sulte de l&rsquo;instruction, notamment du courrier, produit par la requ\u00e9rante, en date du 19 f\u00e9vrier 2019 et adress\u00e9 au chirurgien-dentiste de Mme B \u00e9pouse C par le docteur D, praticien hospitalier au service de chirurgie maxillo-faciale, plastique et esth\u00e9tique du centre hospitalier universitaire de Saint-\u00c9tienne, que ce praticien a, le 19 f\u00e9vrier 2019, avant de r\u00e9aliser le 9 mai 2019 l&rsquo;intervention litigieuse d&rsquo;ost\u00e9otomie bimaxillaire, inform\u00e9 la patiente de ce que le calage occlusal post-op\u00e9ratoire serait de mauvaise qualit\u00e9 et \u00e0 risque de r\u00e9cidive n\u00e9cessitant une r\u00e9habilitation proth\u00e9tique post op\u00e9ratoire pr\u00e9coce, de ce que l&rsquo;absence de correction des axes incisifs entra\u00eenerait un d\u00e9faut de correction esth\u00e9tique de la pro-alv\u00e9ole ainsi que des risques d&rsquo;hypoesth\u00e9sie du nerf alv\u00e9olaire inf\u00e9rieur et des risques h\u00e9morragiques et infectieux. Dans ces conditions, est s\u00e9rieusement contestable le moyen tir\u00e9 de ce que le docteur D n&rsquo;aurait pas d\u00e9livr\u00e9 \u00e0 Mme B \u00e9pouse C une information pr\u00e9alable compl\u00e8te sur les risques pr\u00e9sent\u00e9s par l&rsquo;intervention d&rsquo;ost\u00e9otomie bimaxillaire envisag\u00e9e. Par suite, est s\u00e9rieusement contestable le principe de l&rsquo;obligation d&rsquo;indemnisation du centre hospitalier universitaire de Saint-\u00c9tienne \u00e0 raison d&rsquo;un d\u00e9faut d&rsquo;information sur les risques pr\u00e9sent\u00e9s par ladite op\u00e9ration chirurgicale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, le juge, se fondant sur les conclusions de l&rsquo;expert, retient l&rsquo;existence de fautes techniques dans la r\u00e9alisation de l&rsquo;intervention : \u00ab\u00a0<em>\u00e0\u00a0l&rsquo;occasion de la r\u00e9alisation<\/em> [&#8230;]<em> de l&rsquo;ost\u00e9otomie bimaxillaire avec g\u00e9nioplastie \u00e0 vis\u00e9e proth\u00e9tique, un repositionnement trop ant\u00e9rieur de la branche montante mandibulaire droite a eu pour cons\u00e9quence un conflit intra-articulaire limitant les mouvements, un contact pr\u00e9matur\u00e9 et douloureux avec la tub\u00e9rosit\u00e9 maxillaire homolat\u00e9rale et une encoche du bord basilaire mandibulaire droit avec d\u00e9viation du menton \u00e0 droite et a compromis la mise en place de proth\u00e8ses, que la mise en \u0153uvre d&rsquo;autogreffes graisseuses, sans discussion d&rsquo;une solution chirurgicale autre par lifting cervico facial, a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un alourdissement des tissus trait\u00e9s et aggrav\u00e9 la ptose tissulaire et que n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e une reprise pr\u00e9coce de l&rsquo;ost\u00e9otomie avec plaques occlusales compensant les espaces proth\u00e9tiques sur les zones \u00e9dent\u00e9es. Il r\u00e9sulte de l&rsquo;instruction, notamment du rapport de l&rsquo;expert et n&rsquo;est pas contest\u00e9 par le centre hospitalier universitaire, que ce repositionnement trop ant\u00e9rieur de la branche montante mandibulaire droite, la mise en \u0153uvre d&rsquo;autogreffes graisseuses et l&rsquo;absence reprise pr\u00e9coce de l&rsquo;ost\u00e9otomie n&rsquo;\u00e9taient pas conformes aux r\u00e8gles de l&rsquo;art et constituent ainsi des fautes de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 du centre hospitalier universitaire de Saint-\u00c9tienne<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La responsabilit\u00e9 pour faute de l&rsquo;\u00e9tablissement public de sant\u00e9 est donc engag\u00e9e, sur le fondement de l&rsquo;article L. 1142-1 du Code de la sant\u00e9 publique. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans un second temps, le juge se prononce sur les pr\u00e9judices \u00e9valu\u00e9s par l&rsquo;expert : <\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Un d\u00e9ficit fonctionnel temporaire (DFT) de 29,5 %, <\/li>\n\n\n\n<li>Des souffrances endur\u00e9es (SE) cot\u00e9es \u00e0 3\/7, <\/li>\n\n\n\n<li>Un pr\u00e9judice esth\u00e9tique temporaire (PET) cot\u00e9 \u00e0 3\/7, <\/li>\n\n\n\n<li>Un d\u00e9ficit fonctionnel permanent (DFP) de 29,5 %, <\/li>\n\n\n\n<li>Un pr\u00e9judice esth\u00e9tique permanent (PED) cot\u00e9 \u00e0 3\/7, <\/li>\n\n\n\n<li>Un pr\u00e9judice d&rsquo;agr\u00e9ment (PA) cot\u00e9 \u00e0 2\/7 <\/li>\n\n\n\n<li>Un pr\u00e9judice sexuel (PS) cot\u00e9 \u00e0 1\/7.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans ces conditions, le juge alloue une indemnit\u00e9 provisionnelle de 50 000 euros \u00e0 la patiente et de 14 630 euros \u00e0 la CPAM de la Loire (remboursement des frais d&rsquo;hospitalisation et des frais m\u00e9dicaux, pharmaceutiques et d&rsquo;appareillage), somme \u00e0 laquelle s&rsquo;ajouter 1162 euros, vers\u00e9s \u00e0 la CPAM au titre du 9\u00e8me alin\u00e9a de l&rsquo;article L. 376-1 du code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale (indemnit\u00e9 forfaitaire de gestion).<\/p>\n\n\n\n<p>Une condamnation lourde, pour une intervention incertaine et particuli\u00e8rement dommageable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un jugement du 19 d\u00e9cembre 2023, le juge administratif se prononce sur les cons\u00e9quences dommageables d&rsquo;une ost\u00e9otomie bimaxillaire \u00e0 vis\u00e9e proth\u00e9tique. S&rsquo;il \u00e9carte tout d\u00e9faut d&rsquo;information de la part de l&rsquo;h\u00f4pital concern\u00e9, le juge retient des fautes techniques dans l&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;intervention, de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tablissement public de sant\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[52,47,48,51],"class_list":["post-245","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-veille-juridique","tag-chirurgie-maxillo-faciale","tag-dommage-corporel","tag-indemnisation","tag-osteotomie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/245","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=245"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/245\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":257,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/245\/revisions\/257"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.droit-dentaire.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}